Homage à Pierre Rocher

Pierre Rocher nous a quittés le 5 avril 2019.

Né à Bergerac en 1931, il en est parti à l’âge de 12 ans lorsque sa famille s’est fixée à Paris.

Sa carrière d’opticien est intimement liée à l’histoire des lentilles de contact.

Il crée en 1955 une unité de fabrication de verres scléraux puis de lentilles cornéennes au sein de la société qui deviendra plus tard Essilor. Après avoir travaillé pour American Optical,  il fonde en 1978 son propre laboratoire. Ses travaux dans le domaine de l’optique le conduiront à fonder et à présider de nombreuses Sociétés Savantes  et lui confèrent une reconnaissance internationale.

Syndicaliste, industriel, passeur et transmetteur, au fait de sa reconnaissance professionnelle, Pierre décide en 1984 de quitter la fabrication des lentilles de contact pour se consacrer à son métier de base, opticien : il devient spécialiste de la presbytie.

C’est ainsi qu’il crée son magasin VISION CONTACT, rue de Miromesnil à Paris.

Président de la Chambre Syndicale des Opticiens de l'Ile-de-France de 1994 à 2004. Pour œuvrer à une meilleure entente entre les professions d’opticiens et d’ophtalmologistes, il lance les Journées d’Etude de Méribel, où sciences, techniques et bonne humeur se côtoient chaque année.
En 2011, il est fait Chevalier dans l’Ordre National du Mérite par le Professeur POULIQUEN, ophtalmologiste, membre de l’Académie française et de l’Académie de médecine.                   

Pierre aura œuvré toute sa vie au rapprochement des deux professions, opticiens et ophtalmologistes, pour une meilleure prise en charge de la santé visuelle du public

Mais sa profession même ne suffit pas à le définir. Car Pierre était ce qu’on appelle un  « honnête homme », digne héritier des Lumières : un érudit au savoir infini car en constant apprentissage, jamais immobilisé par des dogmes ou des certitudes, jamais rassasié. Un être à l’inlassable curiosité, sans cesse à l’écoute de toutes les cultures du monde, de leur singularité, de leurs réalisations.

Grand voyageur, photographe de talent, il n’avait de cesse de rendre hommage au génie humain sous ses différents aspects. Avec l’humilité du chercheur et l’émerveillement de l’esthète, il traquait les formes, les idées, les arts et les techniques. Ses passions embrassaient un champ large : le symbolisme des églises, l’histoire des techniques, l’archéologie industrielle, l’histoire de l’aviation, sans oublier le théâtre, la musique, notamment celle de son cher Jean-Sébastien Bach qui le conduisait chaque année au festival de Leipzig.

En 2013, Pierre publiait discrètement un livre : « L’œil nomade », somptueux recueil de ses photographies prises autour du monde depuis 1980.

Il y racontait notamment sa rencontre avec Willy Ronis, l’un des plus grands photographes du XXe siècle, qu’il avait connu lors de la dernière guerre, alors que celui-ci était réfugié chez ses parents, à Bergerac.

Cet ouvrage, il l’appelait « un livre de curiosité » : c’était pour lui l’occasion de méditer sur le monde des formes et d’exprimer par l’image son étonnement et son admiration pour l’inlassable créativité humaine. Un formidable hommage, aussi, à son métier d’opticien, car la beauté du monde est avant tout dans le regard.

Pierre a toujours gardé des liens intimes avec Bergerac. C’est ainsi que, rendant visite à son ami d’enfance Bernard Sabeau, il passait devant la chapelle de Tresséroux qui se dégradait au fil du temps.

A chaque fois, il en était affecté.

En 2003 il apprit par ce dernier qu’une association s’était créée pour sauvegarder la chapelle.

De cette date il n’a eu de cesse que d’aider celle-ci,  modestement puis activement, en passant de membre à celui de vice-président.

Nous lui devons entre autre 

  • les cartes postales imageant la course du soleil autour de la chapelle selon les heures de la journée

  • la lettre de Tresséroux

  • depuis 2009,  des panneaux en trois langues (français, anglais, espagnol) qui retracent la vie de la chapelle en la replaçant dans son contexte historique

  • le site et le logo 

  • et surtout, depuis 2014, l’illumination de la chapelle chaque soir du coucher du soleil à minuit.

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